Le Passage, tome 3 : la cité des miroirs de Justin Cronin

Publié le par Walpurgis

Roman SF

Format poche

Traducteur : Dominique Haas

Edition : Pocket

Date de parution : 2018

Nombre de pages : 1088

En 122 apr. V., soit 122 ans après l'apparition en Amérique du Nord d'un virus qui a décimé la population, la vie semble reprendre ses droits. Ce virus, à la suite d'une expérience gouvernementale, a été inoculé à douze personnes, qui, transformées en monstres assoiffés de sang, ont propagé le mal. Mais quelques poches de population ont réussi à combattre et à éliminer les Douze, mettant un terme à un siècle de terrifiantes ténèbres. Les survivants sortent de derrière leurs hauts murs, déterminés à reconstruire leur société, et osent désormais rêver d'un futur meilleur. Mais est-ce la fin du cauchemar ou une simple accalmie avant le déchaînement d'autres forces obscures ? Loin d'eux, dans une métropole à l'agonie, le Zéro attend. Le Premier. Le père des Douze. L'angoisse qui a brisé sa vie humaine le hante, et la haine qu'a engendrée sa transformation le brûle. Seule pourrait l'apaiser la mort d'Amy – le dernier espoir de l'Humanité, La Fille de nulle part – qui a grandi pour se dresser contre lui. Une ultime fois, la lumière et l'ombre vont s'affronter. Amy et ses amis iront au-devant de leur destin. 

Je n'ai pas pu attendre très longtemps avant de me lancer dans la lecture de ce dernier tome de la saga Le Passage. J'étais curieuse de voir comment Justin Cronin allait conclure son histoire. Pour moi, il pouvait aller au devant d'une catastrophe et bien je me suis trompée, c'est avec talent et inspiration qu'il a apporté la touche finale.

Comme dans le tome précédent, un récapitulatif des événements passés se présente sous forme de commandements. Même si votre lecture remonte à quelques temps, il est assez facile de se remémorer le récit. Pour rappel à la fin des Douze, Amy disparaissait, Alicia partait seule de son côté et les autres repartaient à Kerrville pour reconstruire leurs vies. On apprenait aussi que Carter, un des viruls et le Zéro étaient encore vivants, une menace planait donc encore sur l'humanité.

Le récit se divise en plusieurs temps : 100 apr-V (après-virus), 122 apr-V, 1000 apr-V et les années 1980-2000 ap-JC. De quoi perdre son latin mais si vous avez réussi à continuer cette saga, cela ne devrait pas poser de difficultés. La première surprise qui m'a plu est de retrouver Alicia, juste après la victoire contre les viruls, qui part tuer Fanning. C'est l'occasion pour l'auteur de raconter la vie de celui qui deviendra le Zéro. Une vie réussie qui va connaître des hauts et des bas comme tout à chacun. On découvre alors l'homme derrière le monstre et son histoire prise dans la tragédie de la vie humaine. Certains passages sont troublants et d'autres très riches en émotions. On voit alors comment ses sentiments humains ont conditionné sa soif de vengeance virul. C'est aussi l'occasion de voir une autre facette d'Alicia qui était la badass du groupe. Finalement le lecteur découvre que les traumatismes subis ont aussi touché la guerrière. J'aime beaucoup son lien avec Briscard, son cheval qui contrebalance le côté un peu "mutant" d'Alicia.

On retrouve aussi Peter, devenu président du Texas et qui se réfugie dans ses rêves pour revoir Amy. Hollis et Sarah devenus grands-parents, Caleb devenu adulte et lui-même père et qui comme ceux de sa génération n'ont jamais connu  ou très peu les viruls. Là c'est l'espoir qui est mis en avant, l'abandon des villes fortifiées pour vivre dans des fermes au loin, l'organisation d'une vie sociale et politique plus étendue. L'aventure et la vie sont redevenues permises au dehors.

C'est grâce au personnage de Michael que l'on va en apprendre plus sur le reste du monde et ve qui s'est déroulé pendant que le virus sévissait aux Etats-Unis. Après la découverte d'un bateau et conscient d'un danger à venir, Michael va consacrer sa vie à un projet pour sauver l'humanité. Il pourra compter sur Amy et Anthony Carter dont les existences sont gardées secrètes.

Je ne dévoilerai pas l'intrigue qui est pleine de rebondissements mais je m'attarderais sur les émotions que provoquent ce magnifique récit. Les sacrifices endurés par les personnages dont la pugnacité pour éradiquer le Zéro ne sont plus à prouver nous prennent aux tripes. Et les passages 1000 apr-V qui pourraient sembler superflus offrent un final très touchant.

L'écriture de Justin Cronin est très cinématographique et on s'imagine aisément ce que pourrait donner cette trilogie à l'écran. Malgré sa densité et ses nombreux personnages, Le Passage est devenue une oeuvre incontournable de la SF et qui reste tout de même accessible. Alors n'hésitez pas à rencontrer Peter, Amy, Alicia et tous les autres, vous ne le regretterez pas !

 

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Publié dans SF

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F
Tout est superbe dans ce tome, qu'est-ce que je l'ai aimé ! Que ce soit l'histoire de Fanning, super touchante finalement, ou celles des survivants des deux autres tomes, Peter, Alicia, Amy, Michael, Carter et les autres. Il y a des moments épiques, douloureux, peu sont gais mais tous nous émeuvent. Et puis cette longue fin, franchement, c'était très réussi et ça m'a beaucoup plu. Je ne sais pas ce qu'écrira Cronin ensuite mais j'espère que ce sera aussi prenant que cette trilogie. Et je suis ravie que tu l'aies aimée autant que moi.
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W
Cette trilogie est géniale alors que Justin Cronin aurait pu souvent se planter avec ce genre d'histoire ! Même quand il parle de Fanning on est à fond alors qu'on se dit mais pourquoi on va parler de lui ! Mais en fait c'est bien pensé.<br /> Il y a tellement d'émotions dans ces pages que c'est addictif !<br /> C'est vrai que désormais je vais surveiller ce qu'il va écrire !