Alice, de l'autre côté du miroir de Lewis Carroll, illustré par Benjamin Lacombe

Publié le par Walpurgis

Beau livre

Edition : Soleil

Collection : Métamorphose

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 290

Après une très belle édition illustrée d'Alice au pays des merveilles, Benjamin Lacombe sublime la distorsion du temps et de l'espace avec "De lautre côté du miroir". Dans cette suite directe du chef-d'oeuvre de Lewis Carroll (traduite par Henri Parisot), Alice décide de passer "de lautre côté du miroir" et s'y métamorphose ! De pion, elle deviendra reine. Le monde du miroir se présente comme un monde inversé. L'espace et le temps y sont mis à mal... Il faut courir très vite pour rester sur place ! Certaines pages se déplient à la façon d'un plateau de jeu d'échec et accompagnent la bascule d’une dimension à l'autre ; décors, personnages évoluent littéralement. Benjamin Lacombe se délecte en proposant ainsi une vision, une interprétation singulière de la beauté étrange d'un monde, bercé par un délicieux mélange de poésie, d'humour et de non-sens, qui vise implicitement à former les plus jeunes.

Il y a six ans (déjà), j’avais lu le très beau De l’autre côté du miroir illustré par Lostfish, une artiste dont les personnages ont la particularité d’avoir les yeux rouges. Cette lecture avait été l’occasion de découvrir pour la première fois cette histoire de Lewis Carroll.

Après avoir illustré Alice au pays des merveilles, Benjamin Lacombe s’est donc penché sur cette suite plus méconnue que le premier texte. Alice endormie rêve qu’elle passe de l’autre côté du miroir du salon. Découvrant des pièces d’échec, elle va devenir elle-même un pion et devoir faire son parcours pour devenir une Reine. Alice va être confrontée à un monde inversé et à une galerie de personnages loufoques qui la feront passer à l’étape suivante. Les films de Tim Burton et l’univers de Shrek ou du Chat Potté ont contribué à faire connaître cet univers que ce soit dans son intégralité ou via des personnages, on s’amuse donc à voir ceux-ci dans leur histoire originelle.

Encore une fois, c’est la traduction d’Henri Parisot qui a été choisie. Le travail immense du traducteur se ressent car les non-sens, les quiproquos, les jeux de mots sont nombreux. Chaque personnage jouant avec la langue de manière amusante mais néanmoins complexe. On assisterait presque à un cours de linguistique à chaque fois ! Les comptines sont tout aussi présentes que dans le premier opus et donnent un côté enfantin à l’histoire qui me paraît moins abordable pour un petit de 5-6 ans.

Côté illustrations, Benjamin Lacombe nous offre un spectacle magique pour nos yeux. Chaque personnage est présenté dans son environnement qui parfois tranche avec son caractère ainsi Humpty Dumpty le grincheux est entouré d’une atmosphère printanière alors que les jumeaux très drôles se trouvent au sein d’une forêt sombre. Les couleurs sont superbes et donnent un magnifique rendu. Dépliants ou pleines pages accompagnent donc la lecture et ce toujours en adéquation avec le texte. A la fin, se trouvent des exercices de logique et de mathématiques que donnaient Lewis Carroll à ses élèves , autant dire que mon amour quasi nul des maths et de la logique ont fait que j’ai vite abandonné à la lecture du premier intitulé.

L’hommage de Benjamin Lacombe est donc une réussite. On sent un véritable amour de l’illustrateur pour cet univers incroyable et loufoque. L’appropriation esthétique de l’œuvre est une réussite et pour tous ceux amoureux de belles, il est indispensable de posséder les deux tomes sur Alice.

 

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Publié dans Beaux livres

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