Le Necronomicon de Colin Wilson, Robert Turner et George Hay

Publié le par Walpurgis

Essai

Grand format 

Traduction : Françoise Rey-Sens

Editeur : Le Pré aux clercs

Date de parution : 2008

Nombre de pages : 346 pages

 

Quand, pour la première fois, l'existence du Necronomicon - ce guide de l'Empire des Morts - fut révélée par Howard Phillips Lovecraft, dans une nouvelle écrite en 1922, l'émoi fut immense dans le monde entier. Les libraires furent submergés de commandes tandis que bouquinistes et antiquaires se mettaient fiévreusement en quête du mystérieux ouvrage. Mais il aura fallu attendre plus d'un demi-siècle après sa redécouverte par Lovecraft pour qu'une édition du Necronomicon soit disponible. Pendant ce laps de temps, une vive controverse ne cessa de rebondir entre les disciples du Pr S.T. Joshi, de la Miskatonic University (qui attribuaient l'ouvrage à Lovecraft lui-même) et les spécialistes des sciences occultes, convaincus de l'authenticité du grimoire. L'illustre écrivain Jorge Luis Borges faisait preuve, lui aussi, du plus total scepticisme jusqu'au jour où, par hasard, il mit la main sur un exemplaire poussiéreux du Necronomicon dans les rayons de la bibliothèque de l'Université de Buenos Aires...

 

Chronique du 28/06/20 MAJ le 26/12/2019 :

 

Si Le Necronomicon s'est révélé une déception c'est que ce livre nous propose un débat sur la genèse de ce livre créé par Lovecraft et que chaque chapitre est un décryptage souvent fastidieux de savoir ce qui est vrai ou faux. Finalement ce livre joue sur la possibilité que le livre ait des racines réelles puisés dans des livres de magie et d'ésotérisme anciens mais les auteurs ont aussi décidé de créer un débat inventé de toutes pièces jouant donc sur l'ambiguïté de départ. Finalement, on se retrouve avec des propos souvent ennuyeux, parfois répétitifs d'un paragraphe à l'autre et même hors de propos.

La quatrième de couverture, de plus, fait vraiment bien son job. Le lecteur se pense embarqué dans une enquête sur le livre (re)découvrant sa légende maudite et celle de son auteur, Abdul al-Hazred. Du coup la déception est d'autant plus immense en découvrant le contenu du livre.

Une grande partie du livre est écrite par Colin Wilson, auteur britannique dont l'essai L'homme en dehors (souvent cité dans l'ouvrage) reprend le concept de l'existentialisme : l'homme est maître de son destin. Son chapitre est largement consacré à Lovecraft, l'auteur qui a créé le Necronomicon. Une véritable critique est dressé envers l'auteur de Providence avec des analyses parfois radicales dont une particulièrement agaçante : pourquoi Lovrecraft n’était-il pas homo vu qu'il n'a été élevé que parmi des femmes étouffantes ? Bref le propos ne fait pas très moderne mais il faut retenir que la première édition du livre date de 1978. Mais je n'ai pas réussi à me sortir de la tête que les propos étaient archaïques par moment. De plus, Colin Wilson accumule les critiques envers Lovecraft particulièrement vis à vis de son écriture et de sa personnalité mais à aucun moment on ne voit le lien fait avec le Necronomicon

Ce n'est que plus loin dans cette partie que Colin Wilson cherche l'origine de l'inspiration de Lovecraft et sa réelle connaissance de la magie. Comment un rationaliste convaincu tel Lovecraft a pu créer un tel livre et le mythe des Grands Anciens. Il publie alors des témoignages dont les lettres du Docteur Hinterstoisser, personnage fictif, qui laisse entendre que le père de Lovecraft était membre de la franc-maçonnerie égyptienne. 

Cette hypothèse sera répétée et débattue de la même manière dans la partie écrite par Robert Turner d'où un intérêt très limité de passer du temps sur celle-ci. Il faut encore une fois garder à l'esprit que tout est inventé sous couvert de paraître réel, de quoi rendre dingo tout de même !

La suite est consacrée au déchiffrage du livre maudit par John Dee, célèbre mathématicien, astronome et astrologue britannique. Passage qui m'a clairement rebuté étant totalement hermétique à ce genre de travail. Je pense que cette partie peu se révéler passionnante pour ceux qui aiment ça. Dessins et explications se suivent de façon précise. Le livre se termine sur des fragments de textes du Necronomicon. Glossaire de divinités et rites à effectuer, ce passage se révèle bien plus dans le thème que j'espérais tout comme le tout début consacré à Abdul al-Hazred. Car c'est ça qui est réellement passionnant, de voir la biographie de ce personnage et l'histoire qui lui a inspiré Al-Hazif. Malheureusement sur le nombre total de pages, le plaisir de lecture est moindre et j'ai souvent été exaspérée ou ennuyée par les analyses proposées.

Malgré cette déception, la légende ce livre maudit créé de toutes pièces reste d'un grand intérêt. Le mystère entourant ce livre ainsi que son auteur, l'arabe dément Abdul al-Hazred excite notre curiosité et je pense que ce genre de livre plaira à nombre de lecteurs passionnés par Lovecraft.

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Mo' la fée 29/06/2010 08:08


ah, le Necronomicon ! Objet tant convoité de mes vieilles campagnes à Chtulu ^^. J'ai découvert Lovecraft avec L'Affaire Charles Dexter Ward, son meilleur ouvrage à mon sens. Je m'étais procuré un
exemplaire du Necronomicon il y a une vingtaine d'années. Comme toi, j'avais été déçue par le contenu bien que certains passages du Necronomicon y étaient présents. Ensuite, le fond était le même :
débats et polémiques sur l'identité du rédacteur du Necronomicon.


Walpurgis 29/06/2010 13:11



Oui l'ouvrage n'est pas à la hauteur du mythe du Necronomicon. Même Lovecraft, qui paraît-il a songé à l'écrire, ne s'est pas lancé de peur de décevoir.


Mon exemplaire est une réédition mais il reprend l'ouvrage de 1978 donc je pense que l'on a dû lire la même chose.