La Nuit américaine de Jim Morrison

Publié le par Walpurgis

Poésie américaine

Format poche

Ouvrage bilingue

Traducteur : Patricia Devaux

Edition : Christian Bourgois

Collection : Titres - Langues

Date de parution : 2010

Nombre de pages : 237 pages

"En chantant du rock, Morrison voulait délivrer les gens d'eux-mêmes. Faire reculer les frontières. On ne répétera jamais assez combien chez lui les images, les sons et les mots avaient partie liée. [...] Il était venu chercher le calme à Paris où il arriva en mars 1971. Il y écrira quelques poèmes, recueillis dans La Natif américaine, et y mourra mystérieusement le 3 juillet 1971." Michel Bulteau.
Jim Morrison n'était pas uniquement le chanteur du groupe légendaire des Doors. Grand lecteur de romans et de poésie, il tournait aussi des films expérimentaux. Ce volume rend compte des différentes facettes de sa personnalité, des réflexions et expérimentations qui ont jalonné son oeuvre. Il contient à la fois des scénarios de cinéma et le Journal parisien, lui-même constitué de notes, de poèmes, de maximes.

Fan de Jim Morrison, me voici plongée dans l'univers plus intime de l'artiste. Ces poèmes ont été maintes fois retravaillés car Morrison voulait le mot exact à la bonne place. Sa poésie est empreinte de violence, de sexe et d'images urbaines ou désertiques, des sujets qu'il connaît intimement. Déjà conquise par ses textes de chansons, je l'ai été tout autant par ses poèmes même si certains déroutent par leur construction, leur intertextualité, de nombreuses références sont, en effet, présentes ou encore le travail "technique" fait sur les mots. Le symbolisme des poèmes est fort et j'ai retrouvé le roi Lézard dans plusieurs de ces poèmes. Le message est clair : il est un leader né.

Toutefois, je me suis sentie perdue à cause de l'agencement des pages et la partie anglaise qui fait face à la traduction française perturbe un peu (je préfère nettement lire en anglais). Cela permet toutefois de se rendre compte que l'on n'est pas toujours d'accord avec les mots choisis par Patricia Devaux.

La Nuit Américaine

Arrivés nus                             

nous repartons meurtris

pâte nue offerte

aux vers mous et lents

du dessous

Voici mon poème

je te le dédie

Grande bête craintive et fleurie

Grande épave parfumée de l'enfer

Terrible et bienfaisante maladie

peste d'été

Sacré bon Dieu du trou du cul

Fumier de freak

Tu mens, triches

voles, tues

tu te saoules des eaux

grasses de la Folle

avidité Sudiste

tu meurs seul et complètement

De la boue jusqu'aux bretelles

Un nouveau venu dans tes

culottes

et qui cela peut-il être ?

 

 

 

Naked we come

& bruised we go

nude pastry

for the slow soft worms

below

This is my poem

For you

Great flowing funky flower’d beast

Great perfumed wreck of hell

Great good disease

& summer plague

Great god-damned shi-ass

Mother-fucking freak

You lie, you cheat,

You steal, you kill

You drink the Southern

Madness swill of greed

you die utterly & alone

Mud up to your braces

Someone new in your

knickers

& who would that be ?

 

Publié dans Poésie

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Commenter cet article

Melle Bulle 25/05/2010 14:11


C'est gentil de nous faire partager les mots de Morrison..; je ne savais pas qu'il était également poète...


Walpurgis 25/05/2010 15:08



Sa réputation sulfureuse a, hélas, fait oublier son talent en poésie. Toutefois aux Etats-Unis, il semblerait que certains de ses textes soient étudiés à l'université.