Au cœur du rêve : été et automne 1936 de Ruben Uceda

Publié le par Walpurgis

BD historique

Traduction : Michel Matly

Edition : Les Editions libertaires

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 218

Durruti, Cipriano Mera, Garcia Oliver, Simone Weil, Soledad Estorach, Casilda la milicienne, Felix Likiniano... Les personnages d'Au coeur du rêve sont des coeurs révolutionnaires. Des coeurs libertaires. Tout au long de l'été et de l'automne 1936, ces coeurs, hommes et femmes, ont avancé par une faille inconnue de l'histoire qui aurait bien pu changer le monde. Traversés par des conflits entre les idées et les nécessités guerrières, par les euphories des victoires et le désespoir des défaites, les coeurs de cette histoire sont les signes d'une formidable dignité, de la passion pour la liberté et la justice, du désir irréductible de construire un monde nouveau.

Je continue mon exploration de la guerre civile espagnole au gré des ouvrages que je rencontre. Au coeur du rêve est une BD traitant de la place de militants ou de sympathisants du CNT-FAI (Confédération Nationale du Travail-Fédération Anarchiste Ibérique). Kézako ?

La CNT est une centrale syndicale arnacho-syndicaliste. Fondée en 1910, elle a quitté l'internationale communiste en 1922. La FAI est son pendant idéologique. Créée en 1927, elle veille à l'application de la doctrine anarchiste pure et d'instaurer un communisme libertaire. Un des buts de la FAI est d'empêcher la CNT de céder aux sirènes des groupes politiques républicains. Mon explication est très simplifiée, le contexte politique de l'avant et de pendant la guerre d'Espagne est très complexe et difficile à appréhender.

Ruben Uceda a fait le choix de présenter différentes figures du mouvement dans de petites histoires. Un format qui nécessite une bonne connaissance du conflit car les choses ne sont pas contextualisées et expliquées. Certains événements traités permettent d'en savoir plus sur les hommes et les femmes impliquées mais je n'ai as appris autant que je l'espérais. Nous retrouvons parmi les personnages Buenaventura Durruti et Joan Garcia Oliver, deux des "mousquetaires de l'anarchisme espagnol"dont le premier mourra dans des circonstances floues à Madrid, Simone Weil (et non pas Simone Veil, à ne pas confondre), Antoine Gimenez... 

Ces petite histoires permettent de cerner l'esprit qui animait les anarchistes. Goût de la liberté, l'égalité pour tous, l'entraide et la solidarité. Ils menaient des projets importants en terme d’éducation et rêvaient d'une collectivisation massive en Espagne. En parallèle, on découvre les difficultés rencontrées : dissensions politiques, peu de moyens militaires et des militants qui, dans le feu de l'action, oubliaient vite leurs idéaux (pillages, meurtres gratuits...). Il est intéressant de voir que pas mal de femmes étaient engagées même si leur rôle n'était pas toujours reconnu à leur juste valeur. Entre les histoires, des documents de l'époque ont été dessinés ou scannés (affiches de propagande, dessins...).

Comme souligné plus haut, si vous ne connaissez rien à la guerre d'Espagne, cette BD vous paraîtra trop difficile à appréhender. Pour les autres, elle est un moyen de mettre un pas dans l'esprit FAI avec facilité et de cerner les personnalités engagées et de pouvoir faire des recherches plus poussées si l'envie vous taraude. Une BD à réserver aux gens intéressés par le sujet.

Publié dans BD, Historique

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