Eldorado de Laurent Gaudé

Publié le par Walpurgis

Littérature contemporaine

Format poche

Edition : Le livre de poche

Date de parution : 2009

Nombre de pages : 224

Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen...

Cette année, j'ai l'impression de multiplier les découvertes et de lire beaucoup d'oeuvres d'écrivains connus mais que je n'avais encore jamais lu. C'est le cas avec Laurent Gaudé. L'occasion de le lire s'est présentée avec Eldorado exilé dans une boîte à lire.

Avec comme thème les migrants, j'avais peur d'une lecture très sérieuse et dramatique. A ma grande surprise, l'auteur nous sert un texte poétique et réaliste tout en y insufflant une part de mysticisme. 

Le commandant Salvatore Piracci a pour mission d'empêcher les migrants de venir en Europe. Mais régulièrement, il se transforme en sauveur lorsque ces personnes sont abandonnées à leur propre sort par des passeurs peu scrupuleux. Mais après deux rencontres qui le bouleversent, le commandant décide de tout laisser tomber et de faire le chemin dans l'autre sens.

Soleiman et son frère profitent des derniers instants chez eux. Bientôt ils effectueront un long voyage pour rejoindre l'Europe et avoir une meilleure vie. Mais rapidement Soleiman se retrouve seul et doit affronter la dure réalité du voyage pour rejoindre son Eldorado. 

Avec ces deux destins croisés, Laurent Gaudé nous fait réfléchir sur les migrants et la place qu'on leur accorde. Par ce court roman, il nous bouscule pour qu'on entre dans la tête de ces personnes qui croient dur comme fer qu'une terre de Cocagne se trouve de l'autre côté de la Méditerranée. Le textes est loin d'être dénué de tragédies mais on ne s'y attarde pas. Ce sont des faits, ils sont bien là mais l'on ne s'attarde pas dessus. L'auteur préfère laisser la place aux conséquences de ces événements : la vengeance d'une mère, la mort symbolique d'un homme, la détermination et l'humanité d'un jeune homme. 

Il est difficile parfois d'avoir de l'empathie dans une situation qu'on ne connaît pas. Certains de nos ancêtres l'ont vécu mais nous avons oublié. Ce roman permet de renouer avec ça, de ressentir cette situation et de ne pas oublier notre compassion et notre humanité. J'ai beaucoup aimé la légende de Massambolo et ce qui en découle dans le récit. 

Ce livre a donc été une surprise pour moi car je ne pensais pas que le sujet serait traité ainsi. J'ai beaucoup aimé le cheminement de Salvatore et de Soleiman. C'est une belle histoire sur la triste réalité des migrants mais qui est magnifiée par un récit poétique voire mystique.

 

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