Les Rougon-Macquart, tome 13 : Germinal d'Emile Zola

Publié le par Walpurgis

Roman classique

Format ebook (epub)

Edition : Bibebook

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 484

 

Germinal est le récit d’une grève de mineurs sous le Second Empire, mais également de leurs souffrances et de leurs amours, de leurs révoltes et de leurs espoirs, de leur fraternité et de leurs dissensions. Et, dans ce treizième volume des Rougon-Macquart, si Zola n’hésite pas à peindre au plus noir cette vie ouvrière, c’est qu’il souhaite conduire ses lecteurs de 1885 au sursaut nécessaire pour qu’advienne un avenir moins sombre. C’est ainsi l’espérance qui éclaire la fin du livre et que son titre annonce : dans le calendrier révolutionnaire, Germinal était le mois du printemps – celui du renouveau. 

Germinal est sans doute une des oeuvres les plus connues d'Emile Zola et peut-être l'une des plus portées à l'écran. Prenant place dans le nord de la France, ce récit narre la grève de mineurs suite à une baisse de salaires et aux injustices accumulées au fil du temps. Fer de lance du naturalisme, Zola a accompagné les mineurs d'Anzin (Nord-Pas-de -Calais) et les a interviewé afin d'être au plus proche de la réalité. De fait, ce roman est une peinture bien sombre des conditions de travail en cette fin du XIXème siècle, du manque d'instruction d'une population qui reproduit donc un schéma sur plusieurs générations et sur le manque de sens des réalités des bourgeois. Ce qui finalement sonne terriblement actuel !

Mais n'oublions pas que Germinal c'est aussi le treizième volume consacré aux Rougon-Macquart. Cette fois c'est Etienne Lantier, fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier (L'Assommoir) qui est l'un des personnages principaux du roman. Dans L'Assommoir, Etienne est envoyé en apprentissage à Lille et ne revoit pas Gervaise avant qu'elle décède. Dans Germinal, il parle peu de ses parents, nous apprenons seulement que Gervaise vit avec son mari Coupeau et son ancien amant Lantier en buvant toute la journée (les lecteurs du 7e tome se souviendront de la référence). Il impute d'ailleurs à ceux-ci son vice pour l'alcool et les colères qui en résultent. A priori, Etienne est plutôt sympathique. C'est un jeune homme courageux, peu instruit mais non dénué d'intelligence, passionné et homme de conviction. Pourtant au fil de l'histoire, on le découvre ambitieux, opportuniste, pas assez réfléchi. Ses monologues intérieurs lorsqu'il est mis sur un piédestal par ses collègues montrent la part sombre du personnage en plus de son penchant pour l'alcool et la colère.

Les autres personnages important sont les habitants du coron dont la famille Maheu qui représente ici la famille ouvrière. Parents comme enfants travaillent à la mine dès qu'ils ont l'âge (même le grand-père paternel est encore employé mais en surface) reproduisant de génération en génération le même schéma familial faute d'argent et d'instruction. Vivant à neuf dans leur logement, l'intimité n'existe pas et la misère subsiste malgré la maison tenue par la mère. Lits partagés, nourriture pauvre, travail difficile plus la charge des plus jeunes et des infirmes écrase peu à peu le quotidien de ses gens. En parallèle, les autres familles du coron, parfois plus modestes en taille, vivent de la même façon chiche sauf certains qui ont su s'attirer les faveurs de certains porions (contremaîtres dans les mines de charbon). 

Toutefois, les bourgeois ne sont pas oubliés. Les Grégoire, rentiers sur la mine, sont l'archétype des gentils bourgeois tranquilles. Faisant acte de charité auprès des familles pauvres du coron, ils sont vivent dans leur monde d'une manière innocente et naïve. A contrario, les Hennebeau et leur neveu Negrel sont conscients de ce que vivent les mineurs mais n'ont aucune empathie pour eux poussant l'hypocrisie jusqu'à faire visiter les logements les plus propres du coron à des visiteurs parisiens pour montrer à quel point ils se préoccupent de leurs ouvriers.

Les personnages sont nombreux et il est impossible de parler de tous. Toutefois, il est impossible de faire l'impasse sur Souvarine, personnage secondaire mystérieux. Par quelques phrases aguicheuses, nous voilà à fantasmer sur la vie de cet exilé russe. De tempérament calme, c'est un communiste radical qui n'hésite pas à recourir à des méthodes plus musclées et finalement une de ces décisions chamboulera le destin du coron tout entier.

Comme dit plus haut, ce roman est très bien documenté sur la vie des mineurs et sur leurs conditions de travail. Il est parfois difficile à réaliser que l'action du livre a lieu il y a moins de 200 ans. Les descriptions sont réalistes aussi bien au fond de la mine que dans les maisons des mineurs. De plus, il y a aussi une analyse fine de la mise en place de la grève, de l'espoir qu'elle apporte et du difficile renoncement car abandonner ruine le dernier espoir. Et a contrario d'Etienne dont les pensées sont égoïstes et axées sur sa popularité, La Maheude est sans doute le personnage qui incarne au mieux ce sentiment. D'abord peu impliquée, elle devient une passionaria de la cause à en devenir jusqu'en boutiste et à tout perdre. C'est un message très puissant que transmet Zola avec ce livre car même si la vie reprend son cours de façon toujours aussi misérable, les graines de la révolte ont été semées. 

 

 

Publié dans Classique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article