Passage de Connie Willis

Publié le par Walpurgis

Roman SF

Format poche

Traduction : Jean-Pierre Pugi

Edition : J'ai Lu

Date de parution : 2009

Nombre de pages : 925

A l'hôpital Mercy General, la psychologue Joanna Lander s'est spécialisée dans les EMI, les expériences de mort imminente. Elle tente de rassembler les bribes d'éléments que ramènent ceux qui, pendant quelques minutes, sont passés de l'autre côté. Hélas, les sujets sont rarement assez lucides pour fournir des données fiables. Lorsqu'un brillant neurologue, le docteur Richard Wright, lui propose de travailler sur des EMI artificielles simulées par l'injection d'une drogue psychoactive, elle accepte sans hésiter. Elle ne se doute pas qu'elle vient de s'engager sur une voie qui pourrait bouleverser toutes les théories scientifiques sur les EMI, et sur la mort elle-même.

Ce que j'aime chez Connie Willis c'est son talent de conteuse certes parfois elle n'a pas eu le nez creux et il y a un côté joliment désuet dans ses romans car par exemple le téléphone portable n'est pas pas présent ici alors que le roman n'est pas si vieux (2001) alors que ça aiderait bien les personnages bref passons car ici ce n'est pas le principal. Encore une fois avec sa plume fluide et une histoire très bien construite, l'auteure a su m'embarquer dans son univers. Le sujet sur les expériences de mort imminente (EMI) est très intéressant et fascinant.

Nous suivons l'histoire du docteur Joanna Lander, brillante scientifique spécialiste des EMI mais dont le travail est parasité par son collègue Mandrake, spécialiste des EMI lui aussi mais ultra-médiatisé et qui a imposé comme forte hypothèse (voire conclusion) que les EMI sont liées à une intervention divine et de l'au-delà. Grâce à l'arrivée du neurologue Richard Wright, Joanna va pouvoir prouver ses propres hypothèses grâce à des bénévoles stimulés par une drogue psychoactive. Mais faute de cobayes fiables, c'est Joanna qui va participer à l'étude et découvrir ce que peut être une EMI.

Personnellement, j'ai dévoré ce livre et malgré quelques répétitions dans le récit, j'ai été happée par cette histoire. Je n'avais qu'une hâte c'était de découvrir ce que Joanna allait vivre dans ses prochaines expériences. Toutefois, les parties qui se passent hors des EMI restent prenantes car une véritable enquête est menée par Joanna pour découvrir les liens entre la réalité et les EMI. La difficulté principale pour le lecteur réside dans le jargon médical et scientifique, certes vulgarisé mais tout de même pointu. Même si le côté scientifique et rationnel est présent, l'émotion est au rendez-vous avec des moments émouvants car le milieu hospitalier n'épargne personne, personnel et patients côtoient la mort quotidiennement et les tragédies sont omniprésentes.

Les personnages sont attachants sauf le docteur Mandrake qui a vraiment le mauvais rôle. Persuadé de ses hypothèses, il a érigé les EMI en expériences divines imposant ses idées de façon détournée. Dans le roman, on ne sait pas s'il le fait de façon vraiment consciente mais il a perdu la neutralité qui définit tout médecin. Joanna est son opposé. Déterminée à questionner les patients, elle est désemparée par l'influence que possède son collègue. C'est un sacré bout de femme comme on dirait ! Professionnelle, impliquée mais aussi très humaine, l'expérience va la chambouler jusqu'à la pousser à l'obsession qu'elle essaye de réguler avec sa rigueur toute scientifique. Je l'ai vraiment adoré tout comme son amie Vielle, urgentiste qui apporte la touche d'humour bien venue dans un monde professionnel angoissant. Autres personnages importants : Maisie, petite fille malade mais diablement intelligente dont la morbidité colle à la pot, amatrice de grandes catastrophes, elle sera une aide précieuse pour Joanna et Kit, nièce du professeur d'anglais de Joanna, qui va se révéler indispensable dans les recherches. Deux filles cabossées par la vie mais d'un courage hors-norme. Je passe rapidement sur le Dr Wright qui n'est finalement peu présent et dont le rôle est avant tout scientifique. On rencontre aussi de patients et bénévoles liés aux EMI qui apportent au récit beaucoup d'indices.

J'ai lu un peu partout que le récit était trop long (925 pages) et ce n'est pas faux car beaucoup d'éléments ne sont pas indispensables mais ces moments m'ont paru essentiels pour sortir du contexte des EMI et apporter un peu de légèreté surtout que Connie Willis ne tombe pas dans les écueils du romantisme à deux balles ou du happy end général. 

Finalement, j'en dis peu sur les EMI car c'et l'essence de ce livre et il serait dingue de raconter même un peu ce qui arrive à Joanna et aux autres patients sous peine de trop en dire. Si jamais le sujet vous intrigue, il ne faut pas hésiter à se lancer dans ce pavé qui a été un récit, pour moi, marquant et fascinant.

 

Publié dans SF

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Frankie 12/11/2019 19:38

Je l'ai dans ma Pal. Comme je l'ai en ebook, je ne savais pas qu'il était aussi épais, ça me refroidit un peu mais je le lirai un jour. Le sujet m'intéresse, ça me fait penser au film avec Julia Roberts (Flatline, il me semble en VO).

Walpurgis 13/11/2019 09:09

Le film ne me dit rien mais franchement ce roman est top. Perso rien ne m'a gêné, je ne trouve pas qu'il souffre de trop de longueurs mais beaucoup en parlent donc à voir, c'est vrai que les EMI c'est tellement fascinant que l'on est pressé de découvrir ce que vit Joanna Lander.