L'auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier

Publié le par Walpurgis

Roman classique britannique

Format poche

Edition : le livre de poche

Date de parution : 1977

Nombre de pages : 440

Orpheline et pauvre, Mary Yellan n'a pas d'autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu'elle a connue jeune et gaie n'est plus qu'une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l'auberge. Auberge dans laquelle, d'ailleurs, aucun vrai voyageur ne s'est arrêté depuis longtemps... De terribles épreuves attendent la jeune fille avant qu'elle ne trouve le salut en même temps que l'amour. Dans la grande tradition romantique des sœurs Brontë, la romancière anglaise, auteur de Rebecca, nous entraîne avec un sens prodigieux de l'ambiance et de l'intrigue au cœur d'un pays de landes et de marais battu par les tempêtes, où subsiste la sauvagerie ancestrale des pirates et des naufrageurs.

COUP DE COEUR !!!

Après le très bon Rebecca, Daphné du Maurier m'a complètement conquise avec L'auberge de la Jamaïque, histoire passionnante et mystérieuse ayant pour protagoniste la courageuse Mary Yellan. 

Avec ce roman, on retrouve l'ambiance de la lande telle qu'on a pu la lire dans Jane Eyre de Charlotte Brontë ou Les Hauts de Hurlevent de sa sœur Emily. Le paysage est un personnage à part entière, souvent menaçant et brute même si l'héroïne Mary aime parcourir la lande pour échapper à l'horreur de l'auberge. Car cette dernière, l'auberge, est un endroit effrayant de par sa non fréquentation et par la présence de son tenancier Joss Merlyn. L'endroit est comme à l'abandon, peuplé de bruits étranges et l'agitation qui la hante de temps en temps n'augure rien de bon. Ces descriptions de lieux apportent véritablement un plus à l'histoire amenant une force incroyable au récit.

Les personnages sont d'une belle complexité et très bien exploités. Mary Yellan est une jeune femme courageuse et déterminée. Elle a aussi beaucoup d'empathie et fera tout pour sauver sa tante quitte à se mettre en travers de la route de Joss Merlyn. Ce dernier est un homme féroce, dominateur, à la tête d'une bande cosmopolite d'hommes mauvais. Le mystère de ses activités est un point clé du roman et sa révélation signera le début de sa déchéance. A ses côtés, la tante de Mary, Prudence, n'est plus qu'un fantôme, une pauvre créature soumise et apeurée. Quelques moments de lucidité la traversent quelquefois, on ressent de la pitié pour elle tant elle semble fragile. Deux autres personnages mystérieux viennent compléter la galerie : Jem Merlyn, jeune frère de Joss et sans doute bandit, et le vicaire albinos Francis Davey, plutôt inquiétant. les deux hommes exercent une certaine fascination sur Mary alors qu'ils semblent les plus dangereux.

L'histoire est pleine de mystères et de rebondissements, un peu comme un thriller. Les rumeurs tiennent une place importante et donnent différentes pistes que l'on ne peut guère confronter dans cet hameau de solitude. La terrible vérité surgit dans une description superbe mais cruelle et clôt parfaitement cette histoire aux accents gothiques.

Publié dans Coups de coeur

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