Les Rougon-Macquart, tome 10 : Pot-Bouille d'Emile Zola

Publié le par Walpurgis

Roman classique

Format epub

Edition : Bibebook

Date de parution : 2016

Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. Chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère comme le plaisir saute aux yeux. Chez les seconds tout est caché. Ils clament : « Nous sommes l'honneur, la morale, la famille. » Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot-bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
Octave Mouret arrive de province et loue une chambre dans un immeuble de la rue de Choiseul. Beau et enjoué, il séduit une femme par étage, découvrant ainsi les secrets de chaque famille.

Le Pot-Bouille, c'est la cuisine ordinaire des ménages. Par ce titre, Zola nous invite à découvrir la réalité de la vie bourgeoise derrière le vernis respectable des apparences. Octave Mouret, frère de l'abbé Mouret, arrive à Paris pour se faire une place. Il rêve aussi bien de conquêtes commerciales qu'amoureuses. Introduit par les Campardon, amis de la famille, au sein d'un immeuble bourgeois, Octave va rencontrer des difficultés pour réussir ses plans.

L'immeuble bourgeois où vit Octave comporte un grand hall décoré et un magnifique escalier de marbre moquetté de rouge, la grandeur et la magnificence se dégagent de ce lieu. Mais au fil de la montée, la décoration chic disparaît pour devenir inexistante. Quant à l'escalier de service, il est sombre et nu. Ce contraste saisissant est aussi celui de la population de l'immeuble : les bourgeois et leurs domestiques. Et si au début, on vante à Octave l'excellente moralité de l'immeuble, il en est autrement derrière les portes !

Chaque famille est passée au crible, Zola se délectant de montrer leurs vices. Si les bourgeois pensent être le haut du panier, ils sont aussi avilis que leurs employés. Coucheries, histoires d'argent, tromperie, opportunisme sont les affaires courantes de ces gens-là sous l'oeil réprobateur mais peu contestataire de l'abbé. Seul les locataires du second étage semble être à part, ne se mêlant pas à la vie collective. Des personnages secrets qu'on aperçoit peu dont le père serait écrivain. Une figure de l'auteur sans doute qui n'était pourtant pas un parangon de vertu !

Au fil des étages et du roman, on découvre les habitants et leurs secrets : Campardon et sa maîtresse qui est la cousine de sa femme, Eleonore Josserand prête à tout pour marier ses filles, Marie Pichon qui va devenir la maîtresse d'Octave, les domestiques qui enfreignent le règlement pour ramener de la compagnie. On compte aussi sur les personnages extérieurs à l'immeuble dont le truculent Trublot qui a un goût immodéré pour les domestiques ou Bachelard qui entretient une jeune maîtresse. Finalement, Octave Mouret répète juste la même musique que ses semblables et n'est donc pas pire que les autres.

 Ce roman met donc à l'honneur toute l'immoralité de la bourgeoisie et ce sans concessions. On est écœuré des comportements des bourgeois et des cancans des domestiques. Le livre se lit bien et chaque dîner ou rencontre mondaine est un tableau féroce de la bourgeoisie. Tout à chacun se fait égratigner pour le plus grand plaisir du lecteur. Un roman à découvrir pour sa férocité et sa galerie de personnages.



 

 

Publié dans Classique

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Mypianocanta 02/06/2019 09:38

Je crois que tu as tout dit :D

Walpurgis 03/06/2019 16:37

Merci de ton passage ! Au bonheur des dames, la suite, est dans ma PAL. Je le lirai dans l'année !