Les Rougon-Macquart, tome 9 : Nana d'Emile Zola

Publié le par Walpurgis

Roman classique

Format poche

Edition : Le livre de poche

Date de parution : 2003

Nombre de pages : 508

Zola brûlait d'écrire Nana. "Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes "filles de joie". En fait de joie, l'actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir. Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris du Second Empire, le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola. Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart, Nana est le plus enivrant d'érotisme et de passion déchaînée.

Après L’Assommoir tragique, Zola écrit sur Nana qu’on rencontre enfant puis jeune fille dissipée dans le roman susdit. Nana a dix-huit ans et grâce à un rôle de Vénus dénudée, elle va devenir la courtisane la plus prisée de Paris. Multipliant les amants aussi bien que les caprices, elle va avilir le très croyant comte Muffat.

L’histoire de Nana montre la déchéance d’une société. Lorsque le récit commence, le 2nd Empire est à son sommet. Les hommes riches entretiennent des maîtresses, souvent de jeunes femmes issues des classes populaires parfois évoluant dans le milieu artistique. C’est un récit cru et cynique sur le désœuvrement et la folie de ces hommes fortunés et le profit qu’en tirent les courtisanes.

Belle et voluptueuse, Nana va gravir les marches du succès sans talent mais avec un bagout bien à elle. En devenant la maîtresse de plusieurs hommes fortunés, elle va les avilir et les conduire à leur chute en leur promettant fidélité et les trompant dès le dos tourné. Même son fils Louiset qu’elle a eu à seize ans fait figure d’accessoire pour la jeune femme, le délaissant beaucoup.

Sa popularité est telle que tous les hommes se l’arrachent jusqu’au désespoir : suicide, ruine et humiliation se succèdent en deuxième partie du récit. Le monde que décrit Zola est assez sordide et malsain. Les mêmes hommes qui se lâchent chez Nana se présentent comme il faut chez leurs hôtes bourgeois ou aristocrates, une hypocrisie énorme a cours dans le milieu. Le sexe est au sommet, la religion reléguée loin derrière.

Nana est un personnage ambigu. A la fois touchante et attendrissante de par sa triste enfance et les moments de brave fille qui la transpercent de temps à autre. Mais elle se veut aussi cruelle et perverse, brisant les volontés et multipliant les caprices. Sa montée en puissance et sa chute tragique en font une légende à la fin du roman et signe la fin du 2nd Empire.

 

Publié dans Classique

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