La maison des derviches de Ian McDonald

Publié le par Walpurgis

Roman SF

Format poche

Traducteur : Jean-Pierre Pugi

Edition : Folio SF

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 696 pages

Istanbul, avril 2027.
Sous une chaleur écrasante, la ville tentaculaire fête le cinquième anniversaire de l’entrée de la Turquie dans la Communauté européenne. Quinze ans plus tôt, Israël a frappé les sites nucléaires iraniens avec des missiles thermobariques, provoquant indirectement le pire choc pétrolier et gazier de l’Histoire.
Dans Istanbul en ébullition (l’air conditionné coûte trop cher, l’eau aussi), une bombe explose dans un tramway. Cet événement va bouleverser la vie des habitants de la maison des derviches de la place Adem-Dede : Necdet se met à voir des djinns, le jeune Can utilise son robot pour enquêter sur l’attentat non revendiqué, l’antiquaire Ayse accepte de rechercher un sarcophage légendaire, Leyla se voit chargée du marketing d’une nouvelle technologie révolutionnaire : le stockage bio-informatique.
C’est dans la maison des derviches que se joueront rien de moins que l’avenir de la Turquie et celui du monde tel que nous le connaissons.

Couverture intrigante, résumé et titre accrocheurs, c'est avec le plus grand des hasards que je me suis laissé tenter par ce roman de Ian McDonald que je ne connaissais pas.

Dans une Istanbul futuriste mais plausible, un attentat est perpétré, seule la kamikaze semble être la victime. Mais au fil de la semaine (le livre est divisé en 5 chapitres, du lundi au vendredi), différents protagonistes tous liés à la maison des derviches, place Adam Dede, vont mener le lecteur vers la vérité.

Multiples personnages, psychologie fouillée, rythme lent, magie et histoire d'Istanbul se mêlent pour proposer au lecteur une histoire passionnante en plein coeur d'une société mixant tradition et modernité. Franchement, je me suis laissée emporter par l'atmosphère magique qu'ait donné à Istanbul dans ce roman. En effet, il  y a une part de poésie dans cette histoire tout comme une richesse historique mais aussi technologique. Un savoureux mélange qui m'a conquise pour ce récit malgré quelques longueurs. De plus, l'auteur révèle des choses sur la ville et ne sachant si c'est de la réalité ou de la fiction, on ne peut que fouiller pour trouver les réponses et j'adore quand un livre m'apporte ça.

Comme dit ci-dessus, plusieurs personnages constituent les éléments qui vont mettre à jour le complot de façon volontaire ou non. Tous ont un lien avec la maison des Derviches, vieux tekke (sorte de couvent pour derviches) rescapé d'Istanbul. Il  y a le vieux Grec, Georgios Ferentinou, ex professeur d'économie qui va aider dans son enquête son jeune voisin Can, enfant atteint du syndrome de QT long. Celui-ci, adepte des bots, est déterminé à trouver les coupables après avoir observé un autre bot sur les lieux. Leur autre voisin, le mystérieux Necdet, présent sur les lieux de l'attentat, voient désormais les djinns et les karins.

A côté d'eux, évolue le couple formé d'Adnan, trader au Levent, et Ayse, antiquaire, qui, chacun, jouent l'affaire de leur vie. Lui, accompagné des Ultralords (ses amis), joue un gros coup financier. Elle se retrouve embarqué à la recherche d'un homme mellifié, légende d'Istanbul. Enfin, Leïla, fraîchement diplômée en marketing, se voit confier la mission par l'entreprise d'un de ses cousins, de présenter une nouvelle génération de nanobots. Toute cette galerie de personnages apporte un éclairage sur la société turque et son évolution. Chacun représente un visage de la Turquie, de son passé, présent ou avenir. L'auteur nous partage leurs pensées mais aussi le cheminement qui les a conduit à la situation actuelle.

Ce qui m'a conquis c'est aussi le cadre que propose l'auteur. Istanbul est une des plus vieilles villes du monde, déjà construite au VIe siècle AV-JC et elel a été la possession de plusiuers empires. Cette multiculturalité se ressent parfaitement dans le récit à travers les déambulations des personnages. Entr les quartiers historiques abritant de sublimes mosquées et les quartiers modernes où se tient entre autres le bazar technologique, le lecteur plonge dans une atmosphère mêlant Orient et Occident, un petit goût d'exotisme qui donne sa saveur au contexte. De par sa position stratégique entre l'Asie et l'Europe, la Turquie est en proie aux jeux politiques et économiques mondiaux. Chose exploitée par l(auteur dans une partie de son histoire. Istanbul se révèle mystérieuse, vivante, cosmopolite pour le plaisir du lecteur.

Ce livre apporte tout un lot de réflexions sur différents sujets : la place de la religion, l'importance des nanot echonologies et leurs conséquences, les débordements du monde de la finance, la multicuturalité et la place de chacun en son sein. Le style de l'auteur est très agréable bien que dense. Même s'il y a des longueurs notamment dans les parties de Leïla (je pense que mon goût peu prononcé pour tout ce qui est technologique n'y est pas étranger) ce livre se lit extrêmement bien et l'auteur sait réveiller notre intérêt avec plein de choses intrigantes et intéressantes.

Je recommande donc la cette lecture aux férus de textes riches et denses qui ne sont pas effrayés par de multiples personnages et qui aiment nourrir leurs réflexions avec des sujets pas toujours évidents comme la religion, l'évolution d'une société traditionaliste etc. Je me laisserai bien tenter encore une fois par cet auteur que j'ai été heureuse de découvrir.

 

 

Publié dans SF

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