Le livre Malazéen des glorieux défunts, tome 1 : les jardins de la lune de Steven Erikson

Publié le par Walpurgis

Roman fantasy

Grand format

Traducteur : Marie-Christine Gamberini

Edition : Calmann-Lévy

Date de parution : 2007

Nombre de pages : 586 pages

Le mécontentement gronde dans le vaste Empire malazéen ; des décennies de guerres interminables, de purges, de querelles intestines et de heurts avec Anomander Rake - le seigneur de Lunerre - et ses mystérieux Tiste Andii ont fini par saigner à blanc les innombrables Etats vassaux qui le constituent.
Même les légions impériales, depuis longtemps rodées aux effusions de sang, aspirent à quelque répit. L'autorité de l'impératrice Laseen demeure pourtant absolue, garantie par les redoutables assassins de la Griffe. Aux yeux du sergent Whiskeyjack et de son escouade désabusée de Brûleurs de Ponts, ainsi qu'à ceux de Tattersail, unique magicienne survivante de la Deuxième Armée, la fin du siège de Pale aurait dû permettre de panser les blessés et de pleurer les nombreux morts.
Mais l'impératrice en a décidé autrement, car Daurujhistan, la dernière des Cités Libres de Genabackis, reste encore invaincue...

Quelle déception d'apprendre que cette série ne sera sans doute jamais finie d'être traduite en français ! Enfin ne boudons pas notre plaisir en découvrant l'univers proposé par Steven Erikson.

Avec Les jardins de la lune, l'auteur nous propose un tome d'introduction à son univers, l'empire malazéen. La carte, disponible en début de volume, permet de situer les différentes actions et montre un empire étendu. Le glossaire plutôt dense promet beaucoup pour la richesse de l'histoire.

L'univers du roman est très dense et complexe. On en découvre qu'une partie dans ce premier tome et pourtant on est vite submergé d'informations. Les différents peuples, les dieux, les statuts sociaux, les différents rangs internes à ces derniers. De plus, une multiplication de points de vue accentue ce côté un peu inaccessible du roman. Les lecteurs vétérans de la fantasy et notamment les amateurs d'histoires alambiquées y trouveront leur compte. Au final, ce qui m'a le plus perturbé est le changement de protagonistes durant le récit, le temps de m'habituer aux nouveaux arrivants.

Les personnages sont nombreux et chacun a son importance puisque guidé par son propre objectif. Si pour certains, le but semble clair, ce n'est pas le cas de tout le monde. Si on y ajoute les cas de conscience, les interventions divines autant dire que ça s'emberlificote !

Tel les récits bien connus d'Homère, L'Iliade et l'Odyssée, les dieux n'hésitent p as à intervenir dans la partie. Autant dire qu'ils sont assez nombreux, plus ou moins vénérés et assez retors (que voulez-vous, l'immortalité apporte l'ennui !). Et d'ailleurs, le lecteur n'est pas toujours sûre de la nature d'un personnage avant la révélation officielle de l'identité. Et chez les mortels, toute une galerie de personnages participent au conflit. Militaires évidemment (dont des magiciens enrôlés), "messagers divins", peuples "disparus", des mercenaires, le service d'espionnage (la Griffe) et gens du commun (enfin des voleurs ou des assassins tout de même) semblent devoir jouer un rôle dans cet enjeu universel.

Les personnages sont tous identifiables facilement avec des caractéristiques selon leur race ou leur statut. Le lecteur s'attache à au moins quelques-uns d'entre eux sachant que personne n'est à l'abri de retourner sa veste. Pour ma part, mon coeur a balancé pour Whiskeyjack, Ben le Vif, Tattersail et Anomander Rake.

Mais pourquoi tout ce joli monde se retrouve à lutter les uns avec/contre les autres ? Tout simplement parce-que l'empire malazéen est gourmand. L'impératrice Laseen souhaite conquérir la dernière cité libre et en même temps faire disparaître de façon subtile les anciens partisans de son prédécesseur. Erikson a repris les "codes" d'une dictature impérialiste : politique d'expansion, purges au sein du pouvoir, double-jeu de certains hauts placés... Ceci couplé à une intrigue complexe faites d'intrigues politiques, de combats violents et d'héroïsme et d'une quête inavouable pour garder le pouvoir.

On ne s'ennuie pas, le récit nous nourrit de suppositions auxquelles on souhaite ardemment des réponses, sans doute prévues dans les autres tomes (personne ne veut reprendre cette série dans l'édition ?). Beaucoup comparent cette série à La Compagnie Noire mais mis à part quelques similitudes notamment dans le caractère des Brûleurs de Pont, cela ne m'a pas sauté aux yeux.

J'invite donc les amoureux de la fantasy à lire ce roman mais tout en sachant que seul le tome 2 (divisé en deux tomes) est aussi disponible en français. Quel dommage !

 

Publié dans Fantasy

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Commenter cet article

Zina 10/09/2017 21:32

Il faudra vraiment que je le lise un jour, on me l'a déjà très chaudement recommandé !

Walpurgis 12/09/2017 16:48

Ah c'est du très bon mais quel dommage qu'une maison d'édition ne le réedite pas entièrement.