Métro 2033 de Dmitry Glukhovsky

Publié le par Walpurgis

Roman SF

Grand format

Traducteur : Denis Savine

Edition : L'Atalante

Date de parution : 2010

Nombre de pages : 640 pages

2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure... mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l'attendent.

Métro 2033 est un roman de SF original, pas toujours facile à aborder mais d'une grande qualité. Son héros, Artyom, va suivre, via une quête, son parcours initiatique au coeur du métro moscovite.

Artyom est un personnage du présent. Il n'a pas connu la vie à la surface, ses parents sont morts et seul Soukhoï fait office de père. Curieux et intelligent, il s'est construit en autodidacte mais reste vierge de toute réflexion jusqu'à ce voyage vers Polis. De jeune garçon, il deviendra un homme capable de penser et de réfléchir sur des concepts et sur lui-même. Cette initiation sera parsemée d'épreuves terribles tantôt douloureuses tantôt étonnantes dans un monde menaçant et merveilleux à la fois.

L'environnement choisi par Dmitry Glukhovsky est le métro russe avec ses tunnels angoissants, ses stations magnifiques ou miséreuses. Un monde qui représente le microcosme de notre société avec ses dérives possibles. Tout un univers s'offre à nous avec un quotidien extrêmement bien huilé, une économie maîtrisée et des groupes politiques qui tiennent leurs stations et sont parfois en conflit. Toutefois, la menace de mutants venant de la surface ou des zones plus mystérieuses du métro obligent les différentes factions à trouver un terrain d'entente. La matière du roman est donc extrêmement riche et permet au lecteur de savourer les descriptions, parfois longues, de cette vie souterraine.

Une vie rude, difficile où la nourriture n'est qu'un ersatz de ce qu'elle était, la lumière n'est qu'artificielle et parfois rare et précieuse, où les armes sont la condition de la survie et les cartouches la monnaie d'échange. Une vie ponctuée de peurs face aux mutants qui envahissent le métro mais où croiser un homme n'est pas synonyme de sécurité.

Et derrière cette réalité, flotte un air de fantastique : les voix des morts, les hallucinations, les disparitions... Tant de choses étranges qui rendent paranoïaques et font douter le pire lorsque l'ombre s'intensifie.

Pas une fois, on ne s'ennuie lors du voyage d'Artyom car tout est sujet à réflexion même une simple conservation. Le style de l'auteur est fluide, sans fioritures et on apprécie ce style dépouillé vu la densité du livre.

Toute une galerie de personnages s'offre à nos yeux et à ceux d'Artyom. Des marginaux, des nazis, des communistes, des philosophes, des fous de Dieu. Chacun montrant l'adaptation de l'homme face à une vie bouleversée et non naturelle. Une adaptation souvent empreinte de folie face à la dureté de la vie souterraine.

Un livre à découvrir pour sa réflexion maîtrisée sur l'humanité et pour son héros attachant.

 

Publié dans SF

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Zina 20/05/2017 12:06

Il est dans ma Pal, il faudrait que je l'en sorte !

Walpurgis 22/05/2017 19:02

J'espère t'avoir donné envie ! C'est un roman très intéressant.