La Cathare de Peter Berling

Publié le par Walpurgis

Roman historique

Format poche

Traducteur : Olivier Mannoni

Edition : Le livre de poche

Date de parution : 2003

Nombre de pages : 700 pages

En ce début de XIIIe siècle, Laurence la rouquine, âgée de quinze ans, fille de Normands, part accomplir le fabuleux destin que lui a promis une voyante.
Vêtue en chevalier, elle prend la mer, en quête de toutes les aventures. Des tournois de Fontenay aux fastes orientaux de Byzance, des sombres forêts des Ardennes aux lumineux rivages de Sicile, son chemin aboutira au coeur de l'Occitanie.
Là où se déroule la plus cruelle et fanatique des croisades, celle menée contre les Albigeois ou « Cathares », leur civilisation et leur mystique de l'amour et de la liberté.
Eprise de l'idéal chevaleresque, Laurence connaîtra alors la tragédie de l'histoire, ce tourbillon de feu et de sang, où le rêve du paradis peut engendrer le pire des enfers. Audacieuse et inflexible, il lui faudra retirer des flammes sa propre part de vérité.

La Cathare c'était le pavé de ma PAL qui m'attirait mais dont l'épaisseur faisait que je repoussais sans cesse la lecture. Intégré à l'ABC 2017 de Nanet, je ne pouvais plus reculer désormais.

L'histoire se situe au XIIIe siècle, une époque pleine de troubles notamment avec la quatrième croisade et celle des albigeois. Le livre dépeint les différentes situations politiques en Europe autant dire qu'il vaut mieux s'y connaître un peu pour ne pas se sentir perdu. Ma connaissance de ce pan de l'histoire est assez limitée et j'ai préféré m'instruire en parallèle de la lecture car il y a une réelle complexité surtout dans la répartition des territoires. Si la majeure partie du récit se situe en Occitanie, d'autres régions ou pays sont abordés : Constantinople, la Crète, la Sicile, des domaines dans les Yvelines ou encore les Ardennes. On ressent énormément de dépaysement à suivre le cheminement de l'héroïne et à découvrir de nouvelles contrées.

Le sujet principalement abordé est la religion et la conception de la foi. Le récit raconte la lutte du pape Innocent III pour lutter contre le catharisme. C'est l'occasion de découvrir la doctrine de la religion et sa hiérarchie. Une religion basée sur la dichotomie entre le Bien et le Mal et où le paradis est la délivrance de l'âme. Autre point important, elle rejette les fastes dont ne se prive pas l'église catholique, ce qui fait grincer des dents le Saint-Siège. On découvre aussi une région : l'Occitanie, une terre de tolérance et de passion qui va conquérir le coeur de Laurence. Cette terre attire les convoitises et sous la bannière de la religion, c'est une histoire de conquête qui se dessine.C'est Simon de Montfort, vassal du roi de France, qui mène l'invasion et la répression. En effet, pour avoir un accès à la Méditerranée, Philippe II Auguste envoie ses armées et en contrepartie les belligérants gardent les terres conquises. Une perspective qui fait saliver plus d'un seigneur du Nord...

Parmi tout cet imbroglio politique, il y a Laurence de Belgrave, jeune fille d'un nobliau normand, au tempérament bien trempé et à la chevelure de feu. Rêvant d'être chevalier du Graal, elle souhaite bousculer les conventions. Inspirée et guidée par sa marraine Esclarmonde de Foix, elle va vivre un destin hors-norme. Peter Berling nous offre un personnage féminin fort pour ce roman. Le seul hic est que cette héroïne est belle, intelligente, irrésistible... bref un peu trop parfaite à mon goût. Bien sûr elle fait des erreurs et il lui arrive des choses graves mais il y a toujours ce contrebalancement de chance qui m'a irrité. Au final, son cheminement paraît un peu simple.

De par son charme naturel, elle conquiert tous les coeurs notamment ceux de ses partenaires d'aventures. Gavin Montbard de Béthune, le chevalier du Mont-Sion, Loba, Alazais... De multiples personnages fictifs se mêlent aux personnages historiques pour composer une fresque aventureuse souvent passionnante mais un peu longue. On ne voit pas toujours l'intérêt d'une aventure comme c'est le cas pour la Crète avec le Despotikos même si la fin nous apporte la réponse.

Cette aventure est donc un voyage initiatique pour Laurence qui apprendra au bout de son aventure si elle est digne d'être la gardienne du Graal ou non. Personnellement, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire puis je me suis laissée emporter par le récit. Seule une petite lassitude a pointé le bout de son nez pendant une période où Laurence semble inactive a contrario de ses partenaires. Un livre intéressant par bien des points mais qui ne m'a pas complètement conquise.

 

Publié dans Historique

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