La Chute d'Arthur de J.R.R. Tolkien

Publié le par Walpurgis

Mythe arthurien

Grand format

Traducteur : Christine Laferrière

Edition : Christian Bourgeois

Date de parution : 2013

Nombre de pages : 256 pages

Dans un magnifique poème de mille vers, J.R.R. Tolkien propose une version sombre de l'histoire du roi Arthur, roi guerrier et conquérant : à la fidélité de Gauvain répond la trahison de Mordret, envoûté par une Guenièvre énigmatique, elle-même objet de passion pour un Lancelot tourmenté.

Le mythe arthurien est une source inépuisable d'inspiration pour de nombreux auteurs. Tolkien s'y est essayé lui aussi via un poème en vers allitératifs constitué de 5 chants. Malheureusement, ce poème est resté inachevé.

Les vers sont très beaux, en vieil anglais. C'est un réel plaisir de les lire à haute voix et en cas de difficulté de compréhension, la traduction est en miroir.

Il vaut mieux avoir de bonnes notions  du mythe arthurien pour aborder le poème car de nombreux évènements sont antérieurs à celui-ci mais ne sont pas cités. On devine que la Table Ronde n'est plus et qu'Arthur a découvert la liaison de Guenièvre avec Lancelot.

L'action présente a donc lieu après ces évènements lorsqu' Arthur, parti en guerre, doit revenir défendre son trône de l'ambition de Mordret. Tolkien nous narre les ultimes batailles du roi Arthur. Quelques apartés donnent la parole à Lancelot et Guenièvre.

Le texte, de par ses mystères "scénaristiques" , est assez complexe. L'analyse proposé par Christopher Tolkien est très intéressante apportant de nombreux éclaircissements. On voit notamment les différentes étapes de la conception du poème, les inspirations choisies par Tolkien. Ainsi, l'écrivain a décidé de s'appuyer sur les récits médiévaux en se référant à Geoffroy de Monmouth et son Historia Regum Britanniae, Thomas Malory (Le Morte d'Arthur) ou encore Wace (Le roman de Brut).

Au final, c'est une version sombre et désespérée que nous offre Tolkien. Beaucoup de regrets et de remords parsèment le récit. Seuls Mordret et Guenièvre semblent en être dépourvus. D'ailleurs, le personnage de Guenièvre, souvent nommée femme-fée, n'est pas des plus sympathique. Seul son bon vouloir semble la guider acceptant toutes les ignominies pour survivre. Un traitement peu avantageux de femme fatale qui m'a interpellé. Arthur, même s'il est le personnage central, partage peu ses pensées. Il est supplanté par Gauvain et Lancelot. Gauvain qui incarne le chevalier dans toute sa splendeur tandis que Lancelot est un chevalier au statut perdu, enfermé dans ses regrets.

Christopher Tolkien nous montre aussi le lien qui existe entre La Chute d'Arthur et sa propre mythologie. Si déjà la forêt de Mirkwood citée dans le poème rappellera des souvenirs notamment aux lecteurs du Hobbit, Christopher Tolkien nous montre les liaisons qui étaient prévues si le poème avait été achevé. L'analyse se porte principalement sur Arthur et son voyage en Avalon. bref, je suis épatée par les recherches du fils Tolkien.

J'encourage vivement tous les fans de Tolkien à découvrir ce poème. Evidemment, on est un peu frustré qu'il soit inachevé mais il montre tout le talent qu'avait l'écrivain pour raconter une histoire.

 

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