Le faiseur d'histoire de Stephen Fry

Publié le par Walpurgis

Roman SF

Format poche

Traducteur : Patrick Marcel

Edition : Folio SF

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 622 pages

Michael Young est convaincu que sa thèse d'histoire va lui rapporter un doctorat, un tranquille poste académique, un vénérable éditeur universitaire et le retour de sa difficile petite amie Jane. Mais un historien devrait savoir que l'on ne peut prédire l'avenir.... Sa rencontre avec Leo Zuckermann, vieux physicien obsédé par le génocide juif va les amener à semer aux quatre vents les pages de la thèse, mais aussi à tourner celles de l'histoire... Et après leur expérience rien - primé, présent ou futur - ne sera plus jamais pareil.

Une superbe couverture et le terme d'uchronie et me voilà à la caisse avec ce roman de Stephen Fry. Malheureusement, je n'ai pas été pleinement convaincue par ce roman et voici pourquoi.

L'histoire de l'uchronie en elle-même, Hitler n'existe pas, est une situation intéressante bien que sans surprise. L'histoire reste convenue avec l'apparition d'un nouveau leader, plus charismatique, plus subtil et tout aussi dangereux. On suit toutefois avec plaisir ce changement mais j'ai trouvé que tout cela était survolé finalement. L'auteur nous dresse les grandes lignes de ce "nouveau régime" dans les articles d'encyclopédie que consulte le héros. Même si des changements flagrants ont eu lieu, les descriptions restent superficielles, l'auteur préférant se concentrer sur son héros, Michael. En aucun cas, le lecteur plonge réellement dans cette nouvelle dictature et ça a été une grande frustration pour moi.

L'uchronie est surtout développée en deuxième partie du livre. Toute la première partie est basée sur Michael Young et je dois avouer que j'ai trouvé ça long et pas toujours intéressant. Entre sa relation chaotique avec Jane, son travail de thésard, son tuteur désagréable, on est juste dans la vie d'un étudiant en histoire, un peu plus looser que la moyenne. En parallèle, on suit la vie de la mère d'Hitler, Klara, dont la situation familiale donne la nausée mêlant violence physique et psychologique. Cette partie m'a un peu plus intéressée.

Niveau style, le ton humoristique de l'auteur est très sympa à lire. J'ai eu plus de mal avec les parties de dialogues qui m'ont souvent semblé chiantes notamment celle où Steve et Michael préparent la recherche sur Leo. Et quel dommage de ne pas traduire certaines expressions allemandes ! Personnellement, j'en ai jamais fait et même si ça ne bloque pas la lecture, on aimerait bien savoir ce qui se raconte.

Michael est un personnage du genre "mec d'à côté", en un peu plus coucouille. C'est peut-être un peu ça le problème. J'ai trouvé qu'il manquait énormément de perspicacité. Leo Zuckermann, pourtant moins présent, nous émeut plus, notamment par son histoire et la culpabilité qui en découle. J'ai bien aimé le personnage de Steve Burns que j'ai trouvé touchant par sa loyauté et sa dignité même si je regrette la relation mal construite qu'il a avec le héros, il y a un côté cheveu sur la soupe qui est dérangeant. Quant à Rudi Gloder, il est glaçant tant il est manipulateur et intelligent. Ses réflexions et ses stratégies montrent un esprit retors et rusé. J'ai bien aimé le message du livre comme quoi un homme plus avenant aurait pu faire passer le nazisme comme une politique "normale". L'article encyclopédique qu'en lit Michael est effrayant par l'acceptation qu'ont les autres leaders mondiaux à accepter la politique de Gloder.

Au final, je reste mitigée face à cette lecture. J'ai aimé certains points mais trop de choses m'ont déplu notamment dans le traitement du récit et dans sa forme. Il n'est pas nouveau qu'on peut se faire de fausses idées en se basant sur une couverture et un résumé mais la déception est bien là.

 

Publié dans SF

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