La Guerre éternelle de Joe Haldeman

Publié le par Walpurgis

Roman SF

Grand format

Traducteur : Patrick Imbert

Edition : J'ai Lu

Collection : Nouveaux Millénaires

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 352 pages

En 1997, un de ses astronefs ayant été détruit dans la constellation du Taureau, la Terre décide de se venger. On enverra contre l'ennemi un contingent d'élite. Avec d'autres, William Mandella, étudiant surdoué, est enrôlé et soumis à un entraînement si inhumain que beaucoup en meurent. Il survit, lui, combat dans l'espace et sauve encore sa peau. Il va rentrer... Paradoxalement, le plus dur l'attend... Aux confins de l'univers, il a franchi sans le savoir des portes de distorsion spatio-temporelle. Sur Terre, des siècles ont, en fait, passé ! William Mandella est seul, paumé, sans plus rien de commun avec ce monde autre, cet univers inconnu...

L'édition que je vous présente aujourd'hui est accompagnée d'une note de l'auteur et d'un chapitre alternatif à la fin de l'ouvrage. Joe Haldeman a écrit deux versions de l'histoire, celle rééditée est l'originale. Il explique que, malgré les prix prestigieux remportés (Prix Hugo et Prix Nebula); son roman n'avait pas séduit les éditeurs. Il regrette aussi la chronologie devenue obsolète (le début de l'histoire est 1997) mais vous allez voir, ceci n'est pas gênant.

Le lecteur suit le parcours de William Mandella, brillant étudiant en physique, recruté par l'armée pour combattre les Taurans. Tout de suite, on apprend que la raison du début du conflit reste assez flou. Malgré le peu de chance de survie, Mandella va vivre et devenir un vétéran. A cause des sauts spatio-temporels, il va vivre cette guerre durant plus de 1000 ans.

Ce roman est clairement anti-militariste. Complètement manipulés, les soldats sont considérés comme de la chair à canon. Les campagnes s'achèvent mais l'enrôlement est quasi éternel. Seule planche de salut, se réintégrer à la société mais là aussi la désillusion est terrible. Lorsque Mandella revient sur Terre, des décennies ont passé et le système a changé : surpopulation, chômage à grande échelle, fermes collectives... Lui, n'est qu'une image du passé.

La situation se répète plusieurs fois, l'auteur nous présentant des alternatives. Des changements que Mandella ne peut que suivre de loin, embarqué dans sa guerre éternelle. Sa montée en grade au fil du roman ne change rien. Toujours manipulé, toujours considéré de manière désinvolte et toujours prisonnier de son statut. Heureusement, sa relation avec le soldat Potter lui donne une raison d'avancer.

J'ai vraiment aimé ce roman qui m'a emmené très loin malgré quelques petites longueurs sur l'explication des machines ou des voyages. De plus, William Mandella est très attachant par son intelligence, sa loyauté et sa lucidité. J'essaierai de me procurer la suite.

 

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