Les Rougon-Macquart, tome 3 : le Ventre de Paris d'Emile Zola

Publié le par Walpurgis

Classique

Format poche

Edition : Folio

Collection : Classique

Date de parution : 2002

Nombre de pages : 480 pages

Florent, arrêté par erreur après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, s'est évadé du bagne de Cayenne après 7 ans d'épreuves.
Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart fait prospérer l'opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l'Empire a su procurer au " ventre boutiquier, au ventre de l'honnête moyenne,... le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier ", il n'a guère contenté les affamés.

Quand on parle du Ventre de Paris, les lecteurs se souviennent des Halles et de son foisonnement d'aliments. Le préfacier de cette édition disait que l'histoire de Florent passait à la trappe.

Je comprends ce ressenti car les Halles sont le personnage principal. Les descriptions des étals de fruis, légumes, la poissonnerie ou encore les fleurs nous emmènent dans un monde à part riche et foisonnant. Le même sentiment s'empare de nous lors de la visite de la boucherie Quenu-Gradelle, que de viandes, de charcuteries, j'ai même ressenti du dégoût pour ce passage.

C'est dans ce monde que Florent débarque après 7 ans de bagne. Il retrouve avec émotion Paris et son demi-frère. S'il est joyeusement accueilli, peu à peu les choses changent. Le mystère fait autour de son arrivée crée des jalousies et des suspicions. Est-il l'amant de la belle Lisa ? Un cousin comme l'ont présenté les Quenu ?

Un duel entre Lisa et Louise la belle Normande, sa rivale, va se jouer avec en son centre, Florent. Celui-ci encore dans ses idéaux de révolution va se retrouver victime de l'acharnement des gras, lui le maigre. Zola nous présente une guerre silencieuse entre ces commerçants qui vivent bien et les crève-la-faim tels Florent ou le peintre Claude Lantier.

Zola dénonce le manque d'empathie de ces gens gras, qui sont heureux dans la société de Napoléon III alors qu'à côté d'eux tant de gens vivent dans la misère et souhaitent un changement. Une indifférence cruelle et révoltante qui met le lecteur du côté de Florent malgré un caractère peu attachant.

Encore une fois, j'ai apprécié cette plume réaliste de Zola ainsi que son engagement. Il n'hésite pas clouer au pilori la société petite-bourgeoise bien pensante. Ce roman est souvent considéré comme un des préférés des Rougon-Macquart, il possède en effet beaucoup de qualités notamment dans cette description monstrueuse des Halles. Je précise que je me suis un peu ennuyée à cause du personnage de Florent, assez fade et effacé mais Le Ventre de Paris est une belle oeuvre de Zola.

 

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Mr K 31/10/2016 19:39

Je plussoie. Un de ses plus beau roman. :)
Je suis aussi un gros fan de Zola que je lisais compulsivement lors de mes deux années en littéraire (au lycée). Non non, je n'ai pas fini dingue! ;)

Walpurgis 31/10/2016 20:01

Hihi ! C'est vrai qu'au lycée, on grimace quand on nous parle de Zola. En 1ère L, j'ai lu La Curée que j'avais bien aimé mais je n'avais pas réussi à lire Germinal que ma mère avait acheté. Là, je me fais la totale des Rougon-Macquart sans regret ou contrainte ! ;-)