Shantaram de Gregory David Roberts

Publié le par Walpurgis

Roman contemporain

Grand format

Traducteur : Pierre Guglielmina

Edition : France Loisirs

Collection : Le grand livre du mois

Date de parution : 2007

Nombre de pages : 872 pages

Australie, 1980. Lin s'évade de prison et atterrit sous une fausse identité dans les rues fourmillantes de Bombay, où il espère disparaître. Il pénètre peu à peu le monde secret de la " ville dorée ", où se côtoient prostituées et religieux, soldats et acteurs, mendiants et gangsters. Fugitif sans famille, Lin cherche inlassablement à donner un sens à sa vie, d'abord en improvisant un dispensaire dans un bidonville, puis à l'échec de celui-ci en faisant ses premières armes dans la mafia de Bombay. Cette quête le conduira jusqu'à la guerre, à la prison et ses tortures, et à une série de trahisons sanglantes. Puis à la rédemption, enfin. Mais les clés du destin de Lin se trouvent entre les mains de son mentor, Khader Khan, parrain de la mafia, à la fois criminel, saint et philosophe, et surtout de Karla, femme mystérieuse, belle et dangereuse dont Lin tombe follement amoureux.

Un résumé dense pour un livre qui l'est tout autant. Et si vous pensez que l'on vous a tout dit, seules les grandes lignes ont été tracées. En partie autobiographique, Shantaram est la quête de rédemption d'un homme, Lin. Il veut être libre, libéré de son passé et aimer la vie. Bombay sera son terrain d'expérimentation.
Entouré d'une bande d'occidentaux aussi paumés que lui, d'amis indiens sincères et d'immigrés puissants, il va vivre mille et une vies. Tantôt touriste, médecin, mafieux ou soldat, son chemin de vie se ponctue de questions philosophiques dont il aime débattre avec son père sprituel, Khader Khan.

Khader Khan n'est que l'un des nombreux personnages qui gravitent autour de Lin. Prabaker, l'ami indien au sourire éternel, amène joie et bonne humeur. La mystérieuse Karla dont Lin est fou amoureux, semble aussi écorché que lui tout comme le français Didier. Abdallah, le frère spirituel de Lin mais aussi Johnny Cigar ou toute la bande à Khader Khan influencent Lin dans son chemin de vie. A chaque moment de sa vie indienne, Lin fréquente différents cercles comme si elles étaient différentes étapes.

Le récit est très dense et comporte des longueurs parfois difficiles à surmonter. Personnellement, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire jusqu'à ce que Lin vive l'expérience du bidonville. Après, j'ai adoré cette rencontre avec l'Inde aussi bien lumineuse que sombre, ses couleurs, son cosmopolitisme... Cette Inde semble réelle et sincère, n'est-ce pas un pays d'amour comme l'aiment à répéter les indiens ?

On vit des expériences incroyables tels les standing babas, la vie au village, la mousson, des fêtes improvisées...

L'atmosphère change lors d'une expédition en Afghanistan où Lin s'embarque par amour filial pour Khader Khan. Les questionnements qui en découlent vont bouleverser Lin au plus profond de lui.

Car voici ce qu'est ce livre, un questionnement perpétuel sur la place de l'homme, sur ses valeurs et sa philosophie de vie. Chaque personnage apporte sa pierre à l'édifice et Bombay en est le monument.

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