Une prière pour Owen de John Irving

Publié le par Walpurgis

Littérature américaine

Format poche

Traducteur : Michel Lebrun

Edition : Points

Date de parution : 1999

Nombre de pages : 736 pages

Lorsque John Wheelwright évoque avec nostalgie le puzzle invraisemblable de sa jeunesse, un personnage en émerge : Owen, son ami dont la frêle enveloppe dissimulait une volonté de fer, une foi absolue ou la conviction profonde qu'il était l'instrument de Dieu. Cet ange du Bizarre ne s'était-il pas assigné la double tâche de réparer le tort causé à John et de sauver le monde ?

J'avais beaucoup entendu parler de John Irving et de deux de ses livres : Le Monde selon Gap et Une prière pour Owen. Alors pour le challenge ABC, pour la lettre I, je mesuis tournée vers cet auteur et mon choix s'est porté sur le 2e roman.

Ce roman nous trace la chronologie d'une amitié dans les Etats-Unis de 1950 à 1970 environ. John Wheelwright et Owen Meany sont les meilleurs amis du monde, une amitié intense et profonde les lie et encore plus suite à un évènement tragique. Owen est le personnage du roman : physique et voix atypiques, foi profonde envers Dieu, intelligence acérée, il est très attachant même si parfois on le prend pour un fou. Ces deux garçons nous font découvrir la vie des Etats-Unis d'alors dans une bourgade modeste. Le lecteur assiste à l'arrivée de la télévision, à l'accession au pouvoir de plusieurs présidents mais surtout à l'évolution vers la vie adulte de nos deux personnages. Au final, John est en retrait pour laisser toute la place à cet être exceptionnel qu'est Owen.

Un évènement historique a son importance ici : la guerre du Vietnam. Une obsession pour Owen, des chiffres et des décisions désastreuses pour John, un John adulte vivant au Canada dans les années 80. On sent que ceci est lié au destin d'Owen, on sent la tragédie se profiler d'autant qu'Owen, d'abord mutique, partage ses angoisses mais aussi l'acceptation de son destin avec son ami.

Ce qui a été le plus pénible pour moi est la grande place accordée à la religion et à plusieurs confessions. Ces passages ont été un coup d'arrêt dans ma lecture et je n'ai retrouvé le plaisir de lire que lorsque les garçons entrent à l'Institut. De plus, John, fils illégitime dont le père est inconnu, va se retrouver lancer sur les traces de son père, ce qui redonne du dynamisme à l'histoire.

D'autres personnages émaillent l'histoire avec plus ou moins d'importance même si certains sont des déclencheurs d'évènements outre la famille de John et d'Owen, c'est toute une bourgade qui participent au destin des garçons, avec ses secrets, ses rivalités mais aussi sa convivialité, sa solidarité.

J'ai été très touchée par cette amitié loyale et sincère. La fin du livre nous emmène vers l'inévitable et c'est le coeur lourd que le lecteur tourne les pages. C'est un beau livre, un peu long parfois, mais le style d'Irving m'a bien plu alors peut-être que je le choisirai pour mon I en aléatoire.

 

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