12 years a slave de Solomon Northup

Publié le par Walpurgis

Roman autobiographique

Grand format

Traducteur : Anna Souillac

Edition : Michel Lafon

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 380 pages

1841, ville de Washington. Deux hommes abordent Solomon Northup et lui proposent de jouer du violon dans leur cirque itinérant. À peine a-t-il accepté de les suivre qu’il est drogué et enlevé. Son identité est effacée et il est contraint de se présenter comme un esclave de naissance. Pendant douze terribles années, Solomon est vendu de propriété en propriété, travaillant dans les champs de coton ou sur des chantiers de construction en Louisiane.

En 2014, j'ai vu le film 12 years a slave de Steve McQueen. Je l'avais trouvé intéressant mais plutôt long, lire le livre était une façon de mieux apprécier l'histoire de Solomon Northup.
Ce livre retrace donc les douze années d'esclavage qu'a connu Solomon. Il y parle de sa vie d'homme libre, de son enlèvement et de sa condition d'esclave. Comme il changera trois fois de maître, Solomon compare les différents traitements et trouve même des excuses à certains esclavagistes ! (il a de l'admiration pour son premier maître). L'influence de la religion est omniprésente dans ces Etats du Sud et semble être une façon "d'éduquer" les esclaves.

Ce qui sauvera Solomon est de croire perpétuellement qu'il retrouvera sa liberté et jamais il ne renoncera à provoquer le destin pour cela. Toutefois, il a la patience de rester prudent et de ne pas tenter des évasions qui mènent à leur perte de nombreux esclaves. Mais certains hommes blancs essaieront de le conduire à sa perte jalousant cet esclave instruit et intelligent.

Ce qui m'a touché c'est aussi le regard qu'il porte sur ses compagnons d'infortune. Plein de compassion, il nous narre ce qu'il sait de leurs destins, celui d'Eliza est une véritable tragédie. Mais parfois, on sent un certain dédain face à la stupidité de certains esclaves. Bien qu'il comprenne l'ignorance où sont élevés les esclaves, Solomon aimerait que les noirs s'affranchissent d'eux-même des ténèbres où ils sont laissés.

L'expérience de son esclavage le laisse profondément meurtri surtout au début où Solomon se rebelle maintes fois. Torturé, battu, il acceptera de se taire pour vivre. Le récit est prenant, seuls quelques passages, notamment sur la culture du coton et de la canne à sucre, plombent le récit. Le rythme est lent mais pas désagréable et ce témoignage est facile à aborder et à lire.

Cette histoire montre les rouages de l'esclavagisme, la cupidité et/ou la bêtise des hommes, le désespoir mais aussi la résignation des esclaves. C'est un beau récit qui apporte son éclairage sur la condition d'esclave au XIXe siècle aux Etats-Unis.

 

 

 

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