Poèmes et poésies de John Keats

Publié le par Walpurgis

Poésie

Format poche

Traducteur : Paul Gallimard

Edition : Gallimard

Collection : Poésie

Date de parution : 1996

ISBN : 9782070328703

Nombre de pages : 239 pages (sans dossier)

 

Que ce soit la Nature ou la mythologie, John Keats nous emmène dans une poésie douce et romantique percluse de souffrance.

 

John Keats, je l'ai connu grâce à Dan Simmons et son oeuvre Hypérion. J'étais donc curieuse de voir ce que ce poète avait écrit puisqu'il influence grandement l'oeuvre précedemment citée.

John Keats est mort jeune de tuberculose. Il n'était pas destiné à être poète mais à pratiquer la médecine, Keats en décida autrement et a écrit des oeuvres commues telles Hypérion (oui là encore !) ou Endymion.

Sa poésie est superbe, douce et troublée par la tristesse du poète. La mythologie tient grande place dans son oeuvre (comme beaucoup de romantiques) et il 'exploite avec passion et respect. J'aime sa vision grandiloquente de ces Titans tombés bien bas, de ce Saturne en roi déchu.

A contrario de beaucoup de ses collègues, Keats ne lisait pas le grec et donc n'avait pu lire les mythes en langue originale et pourtant il a saisi l'essence de ces mythes et en a donné une interprétation inspirée.

Mais il serait réducteur de ne parler que de mythologie dans les thèmes de Keats. La nature sauvage, la liberté, la solitude reviennent sans cesse hanter les textes de Keats. Ses odes sont magnifiquement écrites et sonnent agréablement à l'oreille.

Quelques textes d'inspiration médiévale et de folklore apparaissent mais ne m'ont pas fait ressentir la même émotion.

Une belle découverte !

 

Tout au fond de la tristesse d'une obscure vallée,
Dans une retraite éloignée de la brise vivifiante du matin,
Loin de l'ardent midi et de l'étoile solitaire du soir,
Etait assis Saturne aux cheveux gris, immobile comme un roc,
Aussi muet que le silence planant autour de son repaire ;
Forêts sur forêts s'inclinaient autour de sa tête
Comme nuées sur nuées. Aucun souffle dans l'air,
Pas même autant de vie qu'il n'en faut un jour d'été,
Pour faire envoler de l'herbe effilée la graine la plus légère ;
Où la feuille morte tombait, là elle demeurait.
Un ruisseau coulait à côté sans voix, dont le susurrement était encore assourdi
Par respect pour la divinité déchue
Qui projetait une ombre sur lui : une Naïade parmi ses roseaux
Pressait son doigt humide appuyé sur ses lèvres.

Hypérion de John Keats

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Benjamin Comet 28/12/2013 11:45

Ca sonne bien a l'oreille. J'aime beaucoup.

Walpurgis 29/12/2013 10:05

Merci Ben ^^
Et bien je suis contente que ça te plaise. C'est vrai que la poésie semble perçue comme une lecture souvent difficile à appréhender et du fait pas beaucoup lue ou commentée.

Benjamin Comet 29/12/2013 10:01

Et merci de nous le faire partager car franchement la poésie ce n'est pas ce qu'on lit le plus et c'est a cela que sert nos blog: nous faire découvrir des lectures dont nous n'avons pas forcement l'habitude. Tu m'as donné envie de me remettre a lire de la poésie.

Walpurgis 29/12/2013 09:54

Il y a d'autres superbes poèmes ! Je suis contente d'avoir découvert ce poète.